Les espèces du réseau Malili


Le réseau Malili est constitué des lacs Matano, Mahalona et Towuti. D'autres lacs, tels que Lontoa et Masapi ne sont pas directement connectés entre eux. Le lac Matano est le 8è lac le plus profond de la planète, puisqu'il compte 600 m de profondeur. En comparaison, le lac Towuti ne fait que 203 m de fond, mais il est le deuxième plus grand lac d’Indonésie. Ces lacs sont ultra-oligotrophiques, c’est-à-dire que leur eau est très transparente (jusqu’à 20 m de visibilité pour les lacs Matano et Towuti !) mais aussi extrêmement pauvre en nutrients et composés organiques.


D’après une étude de Kristina et Thomas von Rintelen, Mathias Glaubrecht, Christoph D. Shubart et Andreas Wessel (2010, The Society of Evolution) les caridines du réseau Malili peuvent être classées selon sept « écogroupes ». Chaque groupe est caractérisé par le substrat de l’habitat mais aussi par sa profondeur, ainsi que par des spécificités morphologiques définies notamment par la forme des chélipèdes. Une espèce cependant se détache du lot, car elle peut être qualifiée de généraliste : Caridina lanceolata (que l’on ne trouve pas encore en aquarium). Voici les différents écogroupes des caridines du résau Malili :

Caridina dennerli (Chris Lukhaup)

Caridina striata (Chris Lukhaup)

1. « Rivière » : Caridina masapi

  1. 2.« Roches en eau profonde » : Caridina profundicola,
    Caridina spinata

3. « Substrat de feuilles » : Caridina holthuisi

4. « Bois » : Caridina tenuirostris

5. « Pélagique » : Caridina lingkoenae

6. « Eponges » : Caridina spongicola

  1. 7.« Roches en eau peu profonde » : Caridina loehae, Caridina

parvula, Caridina dennerli, Caridina striata, Caridina woltereckae


On peut aussi classer ces espèces de cette facon :

  1. 1.Les généralistes, qui ne préfèrent pas un seul type d’habitat en partuculier et sont distribuées sur différents types de substrats (feuilles, pierres, plantes, bois), telles que Caridina lanceolata ou Caridina masapi. Ces espèces n’ont pas une coloration spectaculaire.

  2. 2.Les spécialistes, que l’on trouve dans des zones restreintes localement et/ou spécialisées dans un seul type d’habitat avec l’exemple le plus flagrant, Caridina spongicola (voir ci-dessous).


Caridina dennerli, la Crevette Cardinale
La Sulawésienne la plus connue, Caridina dennerli, est originaire du lac Matano. Son corps est d'un beau rouge profond, étoilé de petits points blancs. On pourrait facilement la prendre pour une crevette marine ! Les derniers segments de la première et deuxième paire de péréiopodes est d'un blanc pur, tout comme les antennes et les antennules. C’est une toute petite crevette qui ne mesure pas plus d’1, 5 cm. On lui doit son nom à la société allemande de produits d'aquariophilie Dennerle, qui a soutenu le projet des scientifiques étudiant les espèces des lacs de Sulawesi. On la connaissait auparavant sous le nom de Caridina sp. Cardinale. Ses œufs sont rouge sombre. Lorsqu’elle est stressée, son corps peut facilement virer au bleu. Il existe une souche de Cardinales où le rouge a disparu. Elle est apparue chez Sindy Geißler.

La crevette Cardinale est très timide et se fait discrète tout au long de sa vie. Il ne faut pas s’attendre à la voir virevolter dans tout l’aquarium, d’autant plus qu’elle ne nage pas.

La température doit être comprise entre 27 et 29 degrés, et le pH doit être compris entre 7,5 et 8,5, avec un KH de 5 maximum. C’est une espèce très timide, qui fuit la lumière directe et se réfugie au moindre signe d’activité près de l’aquarium. C’est également une espèce très délicate qui peut être difficile à nourrir lors des premiers temps, surtout si elle a été prélevée dans le milieu naturel. La reproduction se fait entièrement en eau douce et la femelle porte un faible nombre d’œufs (entre 8 et 14).



Caridina spongicola

Comme son nom l’indique, Caridina spongicola vit en symbiose avec une espèce d’éponge encore non identifiée, que l’on trouve uniquement à certains endroits du lac Towuti. D’ordinaire, ce type d’association se rencontre surtout dans les écosystèmes marins et il s’agit donc d’un cas très rare en eau douce puisque c’est le deuxième décrit (voir références en fin d’ouvrage). Cependant, la nature de l’association entre l’éponge et Caridina spongicola reste encore à déterminer. Il se pourrait que la crevette utilise les cavités de l’éponge pour y récolter des diatomées, ce qui s’apparenterait éventuellement à du commensalisme. En raison de cette association interspécifique avec une seule espèce d’éponge dans un endroit très localisé, les scientifiques espèrent que des mesures seront prises afin de protéger ces espèces dans leur milieu naturel, et que le prélèvement pour le commerce aquariophile ne leur portera pas préjudice. Certains éleveurs recommandent ainsi de ne pas maintenir Caridina spongicola en captivité.


Caridina spinata, la Caridine à points jaunes

On trouve cette sublime crevette dans le lac Towuti, à une profondeur de 3 à 5 m. Sa couleur est d’un beau rouge profond, qui tend parfois vers le bordeaux, décorée de petites stries jaunes sur certains segments, ainsi que d’ocelles de la même couleur sur les uropodes. Les pédoncules oculaires sont également jaune vif. Caridina spinata apprécie un habitat constitué de roches, et pourquoi pas, de quelques mousses. Il faut la maintenir à une température d’environ 27-29 degrés, avec un pH de 7,5 à 8,3.


Caridina striata 

Caridina striata porte bien son nom puisque sa robe présente des rayures rouges et blanches longitudinales. C’est une des plus belles crevettes ornementales. Les premiers et seconds péréiopodes sont blancs. On la trouve dans le lac Matano, jusqu’à 3 m de profondeur et dans les lacs Towuti et Mahalona. 


Caridina woltereckae, la Crevette Arlequin 

Cette sublime caridine ressemble à un arlequin avec sa robe striée de rouge et de blanc. On la trouve sur les fons rocheux du lac Towuti. Malheureusement, on la confond souvent avec Caridina spongicola, alors qu’il s’agit bien de deux espèces différentes. On peut pourtant éviter de se tromper : Caridina woltereckae est plus grande, et son rostre est plus long. Sa coloration est également plus flagrante, avec des lignes blanches plus lumineuses. On la trouve le plus souvent sur des roches, desquelles il est difficile de la déloger, même si les roches sont soulevées.


Caridina holthuisi 
On trouve cette espèce dans les lacs Towuti et Matano. Elle apprécie les épaisses litières de feuilles, ce qui explique sa coloration brune foncée, souvent ornée de zébrures blanches ou beiges. Son nom lui a été donné en hommage au Professeur Holthuis, un spécialiste en crabes reconnu, qui a également identifié beaucoup d’espèces de crevettes.


Caridina loehae

Cette espèce peuple essentiellement le lac Matano, mais on la trouve parfois dans le lac Towuti. Il s’agit d’une crevette qui vit dans un environnement composé de roches et de gravier, dans des eaux peu profondes (moins de 5 m), tout comme Caridina parvula et Caridina dennerli. C’est une des plus petites espèces du réseau Malili. Son corps est brun-rouge, et porte trois bandes tranversales blanches sur la partie postérieure de l’abdomen, ainsi que des petits points blancs que l’on retrouve aussi sur les uropodes. Les œufs sont rouges.


Caridina sp. Mambo Bee

A l’état sauvage, la Mambo Bee apprécie des températures plus basses, dans les environs de 23 à 24 degrés. Le pH est de 8,3, le GH de 12 et le KH de 6, avec une conductivité de 289 micro-Siemens. Il ne faut pas la confondre avec une Black Bee (Crystal Black), avec laquelle elle ne partage pas du tout les mêmes paramètres de maintenance !

Caridina spinata (Chris Lukhaup)

Caridina dennerli

Caridina spongicola (Chris Lukhaup)

Caridina spinata (Chris Lukhaup)

Caridina striata (Chris Lukhaup)

Caridina woltereckae (Chris Lukhaup)

Caridina holthuisi (Chris Lukhaup)