Les Macrobrachium et autres Palaemonidae, les crevettes à longues pinces


La famille des Palaemonidae compte des espèces qui sont distribuées dans toutes les zones climatiques et dans tous les types d’eau. La plupart d’entre elles se retrouvent en eau de mer, mais une petite portion est adaptée à la vie en eau saumâtre et même en eau douce. Elles colonisent les milieux côtiers et les estuaires, mais certaines d’entre elles restent exclusivement en eau douce et s’y reproduisent.


Chez les Palaemonidae, on trouve le genre Macrobrachium, qui est constitué d'espèces dotées de longs chélipèdes. C’est la deuxième paire de péréipodes qui est transformée en pinces, contrairement aux écrevisses chez qui c’est la première paire. Chez certaines espèces de Macrobrachium, un des chélipède est parfois plus long que l’autre. Malgré la taille de certaines espèces qui peut être impressionnante (20-30 cm sans les pinces), il s'agit bel et bien de crevettes et non pas d'écrevisses !


Ces grandes crevettes représentent un intérêt économique important pour l’aquaculture. La FAO (Food and Agriculture Organisation), estimait la production de la seule espèce Macrobrachium rosenbergii à 400 000 tonnes en 2010 ! Il n’est donc pas rare que des espèces élevées pour l’alimentation fassent leur chemin dans nos aquariums.

Macrobrachium gracilirostre (Chris Lukhaup)

Macrobrachium rosenbergii (Chris Lukhaup)

Arachnochium kulsiense (Chris Lukhaup)


Les différents groupes de Macrobrachium et autres Palamonidae


Dans son livre All about Shrimps, Crayfish and Crabs (Aqualog, 2008), Uwe Werner catégorise les Macrobrachium et les autres Palaemonidae en plusieurs groupes :

1. Les espèces américaines avec des chélipèdes de taille égale : M. tenellum, M. acantharus, M. carcinus, M. nattereri, M. vicconi, M. brasiliense, M. amazonicum.

2. Les espèces Indo-Pacifiques avec des chélipèdes de taille égale : M. lanchesteri, M. lamarrei, M. assamense, M. dayanum,  M. hendersoni,   M. idella, M. kulsiense, M. mirabile, M. cf. aequidens, ainsi que Palaemon concinnus.

3. Les espèces africaines avec des chélipèdes de taille égale : M. dux, M. lujae, M. macrobrachion, M. vollenhoveni.

4. Les Palaemonidae avec des chélipèdes de taille inégale : M. pilimanus, M. eriocheirum, M. scabriculum, M. dolichodactylus, M. faustinum, M. crenulatum, M. olfersii, M. heterochirus, M. hancocki, ainsi que Euryrhynchus amazoniensis.


5. Les crevettes nageuses : Palaemonetes ivonicus, Palaemonetes mercedae, Palaemonetes antennarius, Desmocaris trispinosa, Macrobrachium mirabile.

Macrobrachium assamense (Chris Lukhaup)

Macrobrachium idae (Chris Lukhaup)

Macrobrachium lanchesteri (Chris Lukhaup)

Macrobrachium eriocheirum (Chris Lukhaup)

Quelques autres Palaemonoidea


Palaemon concinnus, la Crevette Paon

Cette belle crevette transparente avec une nuance jaune sur le dos vient de la région Indo-Pacifique. Chez les adultes, maintenus dans de bonnes conditions, on observe un gros point noir sur le sixième segment, ainsi que sur chacun des uropodes. Les chélipèdes ont la même taille. Chez les femelles, les œufs sont verts mais deviennent gris au cours de leur développement. On trouve Palaemon concinnus dans les estuaires, ou en d’autres termes, en eau saumâtre. Cependant, les adultes ne migrent jamais en eau de mer, et peuvent tout à fait vivre en eau douce.


Palaemonetes argentinus

Cette espèce est originaire du nord et du centre de l’Argentine, ainsi que d’Uruguay et du Brésil. Elle vit en eau douce et en eau saumâtre, et à l’état naturel, son cycle complet de reproduction peut s’effectuer entièrement en eau douce, bien qu’elle n’ait jamais été observée en aquarium. C’est une crevette discrète et transparente, qui s’accomode d’un aquarium à température ambiante (20-24 degrés), avec une eau donc le pH est de 7 à 8. Le mâle mesure entre 2 et 3 cm, et la femelle peut atteindre 4 cm.


Palaemonetes ivonicus

Palaemonetes ivonicus vient de l’Amazone où elle vit dans des petits ruisseaux riches en végétation, dans une eau à 24-30 degrés et un pH plutôt acide. Cette espèce mersure entre 2, 5 et 3,5 cm, et a une coloration monochrome brunâtre. La femelle porte de très gros œufs, qui donnent naissance 6 semaines plus tard à une vingtaine de juvéniles qui mesurent déjà 5 mm !


Palaemonetes varians

On trouve cette crevette sur les côtes de l’Atlantique, de la Manche, de la Mer du Nord et de la Méditerrannée. Bien qu’elle soit commune en eau de mer, on la trouve aussi dans les canaux ou les estuaires, en eau saumâtre et même en eau douce ! C’est une crevette transparente de 2,5 à 4 cm, qui peut prendre une teinte verte foncée. On peut la maintenir en aquarium d’eau douce, mais elle n’y survivra que quelques mois. Il est donc préférable de lui offrir un aquarium d’eau salée, avec une température de moins de 22 degrés, où elle pourra vivre environ 2 ans. La reproduction se fait en eau de mer.


Desmocaris trispinosa, la Crevette Nageuse du Niger

Toujours au sein de la super-famille des Palaemonoidea, on trouve Desmocaris trispinosa, la seule espèce du genre Desmocaris. Cette petite crevette transparente de 3 à 4 cm provient d’Afrique Centrale et Afrique de l’Ouest. C’est une crevette très paisible, qui passe beaucoup de temps à nager en pleine eau, surtout le soir et la nuit. Il lui faut donc un aquarium spacieux, d’une longueur de 80 cm minimum. La température de l’eau est comprise entre 22 et 28 degrés, avec un pH entre 6 et 8. Elle apprécie les algues et les toutes petites proies vivantes.

Euryrhynchus amazoiensis mâle (Chris Lukhaup)

Euryrhynchus amazoiensis femelle grainée

(Chris Lukhaup)

 

Les Macrobrachium sont très actives, incessament en recherche

de nourriture, et ont besoin de beaucoup d'espace. Ces espèces

sont moins colorées que leurs cousines des récifs marins, mais

elles sont tout aussi intéressantes à observer et à maintenir. A

l’état naturel, la plupart d’entre elles vivent dans des habitats

riches en feuilles décomposées mais aussi en bois et petites

roches. Elles ne nagent pas en pleine eau, mais se déplacent

constamment sur les éléments du décor (roches, racines,
feuilles, etc). Il convient donc de maintenir ces espèces des
dans des aquariums de 100 l minimum (200 à 300 l pour les
plus grandes), avec une eau entre 20 et 28 degrés, au pH de
6,5 à 7,5. Attention, car certaines espèces n’apprécient que
les eaux très chaudes.


Ces belles crevettes sont essentiellement carnivores, mais
également détritrivores. Attention à vos escargots dont elles
risquent de ne faire qu’une bouchée ! Nourrissez-les avec des aliments riches en protéines, sans oublier un apport en végétaux. Il est préférable de les maintenir en aquarium spécifique pour éviter tout type de prédation envers les autres habitants de l’aquarium (crevettes et poissons de petite taille), tout comme la concurrence alimentaire. En effet, à l’heure des repas, les Macrobrachium se jettent littéralement sur la nourriture et l’emportent avec elles pour la manger en cachette ! Heureusement, en dépit de leurs grandes pinces, ces espèces n’endommagent pas les plantes. Les plus petites espèces abîment parfois les nageoires des poissons, mais sans pour autant les attraper. En revanche, les plus grandes, telles que Macrobrachium rosenbergii sont d’habiles chasseuses.


En aquarium, la cohabitation interspecifique est parfois chaotique. Les bagarres sont fréquentes et se soldent souvent par la perte d’un ou plusieurs membres. Ceux-ci sont heureusement remplacés lors de la mue suivante. Ainsi il n’est pas rare de croiser des gros mâles dotés d’une seule pince… En effet, les chélipèdes des Macrobrachium ont une fonction bien précise pour la délimitation du territoire. Celui-ci est occupé par des mâles dominants, qui sont les plus grands et portent les plus grandes pinces. On les appelle les « mâles complets ». Leur présence limite le développement des autres mâles, qui se font le plus discret possible. Mais si un mâle complet meurt ou perd une de ses pinces, un autre mâle prend le dessus et développe rapidement de grandes pinces et devient à son tour un mâle complet. Le spécialiste en crustacés Werner Klotz explique qu’en aquarium, la position de mâle alpha est susceptible de changer après chaque mue, puisqu’avec sa cuticule encore molle, un mâle complet se retrouve bien vulnérable face aux attaques des autres mâles ! Il convient donc d’offrir beaucoup de place et de cachettes aux Macrobrachium en captivité.

Chez beaucoup d’espèces, lorsque les pinces ont une taille imposante, elles sont recouvertes d’un petit coussin de poils.

Les long chélipèdes jouent également un rôle lors de la reproduction : le mâle se place en position T et entoure la femelle de ses pinces pour la protéger des autres mâles alors que sa cuticule est encore molle juste après la mue.


Il existe un très grand nombre de Macrobrachium que l'on peut maintenir en aquarium et qui s’y reproduisent facilement mais nous ne mentionnerons ici que les plus communes. La plupart de ces espèces ont un mode de reproduction indirect, avec quelques exceptions. Ces espèces sont réellement fascinantes de par leur comportement et mériteraient un peu plus d’intérêt de la part des aquariophiles, et pas seulement des gastronomes.


Arachnochium kulsiense, la Crevette Flocon de Neige

On la connaît aussi sous le nom de Macrobrachium kulsiense, et ca n’est que récemment qu’elle été décrite en tant qu’Arachnochium kulsiense, et elle ressemble beaucoup à M. mirabile. Cette belle crevette est originaire de l’est de l’Inde (du delta du Gange jusqu'à la Birmanie, et aussi en Thaïlande) et est bien distribuée en aquariophilie. Sa livrée jaune, brune ou verte transparente, paraît comme saupoudrée de poivre et sel. Il s’agit probablement d’un camouflage très utile dans un environnement sableux, qu’il serait judicieux de reproduire en aquarium. Cette espèce est plutôt timide, et requiert une eau de 25 degrés et un pH de 7. Les œufs sont large, et au nombre de 15 à 20. Des aquariophiles ont rapporté l’élevage comme étant assez facile.


Macrobrachium assamense, la Crevette à Pinces Rouges
C'est l'espèce de Macrobrachium la plus connue des aquariophiles, que l'on connaît aussi sous le nom de Macrobrachium assamensis. Elle est très facile à maintenir et à reproduire en captivité. Il est très intéressant d’observer que les juvéniles restent quelques jours près de leur mère, comme c’est le cas avec les écrevisses.
Il existe deux sous-espèces : M. assamense assamense (Népal, Bengal et Birmanie), et M. assamense peninsularis, que l'on trouve dans les eaux des montagnes de Satpura et Vindhya en Inde (Madhya Pradesh). Dès la naissance, après environ 6 semaines d'incubation, les petits ont la particularité de posséder des pinces rouges. A l'âge adulte, celles-ci restent rouges ornées de très fines bandes noires chez les femelles, alors qu'elles prennent une teinte brune chez les mâles. C'est une espèce très active qui peut atteindre 7 cm et qu'il faut maintenir en aquarium de 80 à 100 l mininum. Les mâles se montrent parfois agressifs et territoriaux, aussi il faut offrir de nombreuses cachettes à tous les membres du groupe.


Macrobrachium dayanum

En raison de sa livrée brune, on confond souvent cette espèce avec M. assamense, et c'est seulement à l'aide du microscope qu'on peut établir la différence entre les deux, d'après la longueur du rostre et le nombre de dents qu'il comporte. Les juvéniles ont les pinces rouges, comme c’est aussi le cas chez M. assamense. Elle se trouve au Sud de l’Inde et vit dans une eau de 20 à 30 degrés, avec un pH de 6,5 à 7,5. C’est une espèce assez territoriale qu’il faut héberger dans un grand aquarium équipé de nombreuses cachettes. Elle se reproduit entièrement en eau douce et est très facile à élever en aquarium.


Macrobrachium hendersoni, la Crevette d’Henderson

Chez cette espèce assez difficile à identifier en raison de la grande variabilité de sa coloration, la carapace est rugueuse. Les femelles sont de couleur claire, avec une robe parsemée de taches sombres et tous petits points argentés, le tout formant souvent de belles rayures.  Les mâles, qui peuvent dépasser les 5 cm, ont une couleur plus sombre qui tire parfois sur le noir. On reconnaît facilement cette espèce à une caractéristique propre, la présence de rainures longitudinales sur les chélipèdes.

Cette espèce n’est pas difficile à élever, mais le comportement inter- et même intraspécifique pose problème car Macrobrachium hendersoni est assez agressive. On la trouve exclusivement dans les eaux vives d’Inde et de Birmanie, à une altitude comprise entre 300 et 1300 m. Une bonne filtration est ainsi recommandée.
Chez cette espèce et celles qui lui sont apparentées, les œufs, peu nombreux et assez gros, donnent naissance à des larves qui se développent en juvéniles au bout d’une seule mue. Ce stade larvaire très court rend possible la reproduction en aquarium.


Macrobrachium lamarrei

Si cette espèce originaire d'Inde n'est pas maintenue au dessus de 25 degrés, elle blanchit et  perd la transparence de sa super robe jaune transparente. Elle est atypique au sein des Macrobrachium, puisqu'elle ne possède pas de pinces, et aussi parce que c’est la femelle qui est plus grosse que le mâle ! Elle mesure environ 5 cm et c’est une espèce très paisible. On peut l’héberger en groupe dans un aquarium de 80 l environ, avec un pH de 6,5 à 7,5.


Macrobrachium scabriculum, la Crevette Caméléon

Chez cette espèce que l’on rencontre en Inde, au Sri-Lanka, à Bornéo et à Sumatra mais aussi aux Philippines, les jeunes ont souvent une belle coloration bleue marbrée. Pour les adultes, la coloration est très variable, du bleu au brun en passant par le beige et le noir, avec des marbrures et lignes plus claires. On remarque une ligne beige brodée de noir sur le troisième segement de l’abdomen. La carapace est recouverte de petites épines, lui donnant un aspect rugueux. Le mâle mesure 6,5 cm et la femelle 5 cm. Les deux chélipèdes peuvent beaucoup différer en taille. Chez le mâle adulte, le chélipède le plus gros se recouvre petit à petit de poils très fins, formant un coussin protecteur. A l’œil du néophyte, cette particularité ressemble à une mycose mais il n’en est rien !


Macrobrachium vicconi, la Crevette de Palenque

Au Mexique, près des ruines de Palenque, on trouve la petite Macrobrachium vicconi, qui ne dépasse pas les 5 cm pour les mâles. On peut maintenir cette espèce dans un 50 l à 25 degrés. Il semblerait qu'elle soit très difficile à reproduire. Cette espèce est facilement reconnaissable à ses pinces jaunes, visibles même chez les juvéniles. Certains invidividus présentent une belle coloration noire avec une ligne claire sur le dos, alors que d’autres restent plutôt beiges marbrés.


Macrobrachium brasiliense

Cette espèce originaire du Pérou et du Brésil se retrouve occasionnellement dans les commerces aquariophiles et est très similaire à la Crevette de Palenque. A l’état sauvage, les mâles peuvent atteindre les 9 cm, une taille qu’ils gagnent rarement en captivité puisque celle-ci se situe plutôt aux alentours de 4 à 5 cm. Cette espèce aurait un mode de reproduction direct, sans stade larvaire, mais n’a pas encore été reproduite en aquarium. On peut la maintenir dans un bac d’une soixantaine de litres minimum, chauffé à environ 25 degrés.


Macrobrachium idae
Cette espèce est commune en Afrique Orientale, à Madagascar, en Asie du Sud et même en Australie. Elle est jaune-brun, avec une teinte uniforme et ressemble à Macrobrachium idella. Elle mesure environ 10 cm. Les femelles portent entre 40 à 60 oeufs, mais malheureusement l’élevage en aquarium reste rare. On maintient cette crevette à une température qui ne doit pas descendre en dessous de 20 degrés, avec un pH de 7,5 à 8.


Macrobrachium eriocheirum, la Crevette à pinces velues

La répartition de cette espèce s’étend du sud de la Chine à la Thaïlande. Elle mesure entre 6 et 8 cm et présente de grosses pinces asymétriques parfois velues. La coloration marbrée varie du jaune-brun au gris-bleuté, avec parfois des nuances brunes ou rouges. On remarque une tache beige en haut du troisième segment, une caractéristique que l’on retrouve chez beaucoup de Macrobrachium. Malgré ses pinces impressionnantes, cette espèce n’est pas agressive à condition qu’elle ait suffisemment d’espace. Un aquarium de 60 à 100 l pour un petit groupe est parfait. Le pH idéal est compris entre 7 et 7,5, avec une dureté allant jusqu’à 15 KH. C’est une espèce crépusculaire et nocturne, qui a besoin de nombreuses cachettes pour se sentir en sécurité. Chez cette espèce, les œufs donnent naissance à des larves qui ne sont ni benthiques ni pélagiques. La métamorphose a lieu deux jours plus tard pour former des juvéniles benthiques marchant et se nourrissant comme les adultes. De ce fait, la reproduction est possible en aquarium d’eau douce.


Macrobrachium lanchesteri, la Crevette de Verre
Comme son nom commercial le suggère, cette espèce présente un corps presque entièrement transparent. On l'appelle aussi Crevette Fantôme. Les mâles atteignent une taille maximale de 5,5 cm, et leurs pinces ont la même taille que celles de la femelle. On trouve cette espèce dans les rizières de Thaïlande et de Birmanie, où les habitants l’ajoutent à leur menu. Cette espèce apprécie les eaux chaudes et doit être maintenue à une température supérieure à 25 degrés. Si la température est basse, la crevette perd sa transparence et prend un aspect laiteux. Elle a un mode de reproduction indirect avec 9 stades larvaires, mais a été élevée avec succès en aquarium d’eau douce. Les larves doivent être nourries avec des nauplies d’Artemia.


Macrobrachium rosenbergii, la Crevette de Rosenberg

Chez les Macrobrachium, on trouve la plus grande crevette d’eau douce de la planète : M. rosenbergii, qui avec un corps d’une trentaine de centimètre, peut atteindre 50 cm avec ses pinces déployées ! Cette sublime crevette d’Asie du Sud-Est dotée de pinces bleues est également une des rares espèces au mode de reproduction primitif que l’on soit parvenu à faire reproduire en captivité. C’est d’ailleurs l’espèce privilégiée pour l’industrie aquacole. La femelle porte un millier d’œufs pendant environ 25 jours, qui donnent naissance à des larves qui devront poursuivre leur développement en eau saumâtre. En raison de sa taille impressionnante, on ne peut maintenir cette espèce que dans un aquarium de plusieurs mètres cube, et en petit groupe. Toute cohabitation avec d’autres crevettes ou des poissons est naturellement à proscrire. Une température de 22 à 29 degrés convient, avec un pH compris entre 7,5 et 8,5.
Même si cette espèce est élevée à large échelle pour l’alimentation, sa reproduction en aquarium est impossible. Une femelle peut abriter jusqu’à 150 000 œufs entre ses pléopodes, desquels sortent des larves qui doivent passer par 11 stades en eau saumâtre.


Macrobrachium hancocki, la Crevette d’Hancock

Cette espèce est probablement une des plus spectaculaires du genre, puisqu’elle arbore une intense coloration bleu électrique et parce que les mâles peuvent posséder un chélipède de taille très impressionnante ! Elle vient du Costa Rica et des îles Galapagos. On la maintient de la même facon que ses cousines des mêmes régions. Les mâles vivant dans de bonnes conditions peuvent atteindre une taille de 10 cm. Malheureusement, son importation est rarissime, et elle n’est disponible que dans les bacs des éleveurs privés.


Macrobrachium tenellum

Autrefois décrite sous le nom de Palaemon longipes mais aussi « Choco Shrimp », cette espèce originaire d’Amérique du Sud et Amérique Centrale mesure environ une dizaine de centimètres. Elle aime passer ses journées cachée dans une intense végétation ou tapis de feuilles. Les juvéniles sont beiges avec des lignes noires, et au fur et à mesure qu’ils vieillissent, ils prennent une coloration brune qui devient de plus en plus sombre et intense avec l’âge. Chez les mâles, l’envergure des chélipèdes peut dépasser la longueur totale du corps de la crevette.


Macrobrachium acantharus, la Crevette de Papaloapán
Macrobrachium acantharus est l’équivalent de M. tenellum sur la côte atlantique du Mexique, bien que les chélipèdes des mâles soient plus développés. On la trouve au sud du pays, notamment dans le Rio Papaloapán. Les mâles peuvent avoir une jolie coloration bleue, qui fonce sur le dos. Les femelles et les jeunes adultes quant à eux sont plutôt gris ou gris-bleu. Cette espèce vit dans un environnement très pauvre en végétation, dans une eau assez chaude (26-30 degrés) au pH de 7,5 et avec un KH pouvant atteindre 13. Il faut offrir à cette espèce un habitat proche de leur biotope d’origine, avec un épais tapis de feuilles et quelques racines fines.


Euryrhynchus amazoniensis, la crevette zébrée

Cette espèce n’est présente qu’en Amérique du Sud (Pérou, Brésil, Guyane) et on la trouve encore rarement en aquarium. Elle appartient à la famille des Euryrhynchidae. Elle mérite cependant d’être mentionnée en raison de son originalité. Elle se dinstigue par sa deuxième paire de péréiopodes, qui forme des pinces longues et massives. Heureusement, celles-ci sont sans danger pour les autres crustacés. A l’état naturel, cette superbe mais timide crevette, elle aime se dissimuler sous un épais tapis de feuilles, une condition qu’il faut reproduire en aquarium pour qu’elle s’épanouisse. La température de l’eau doit se situer aux environs de 25 à 29 degrés, pour un KH inférieur à 3.

Malheureusement, cette espèce vivant dans une eau assez chaude, très douce et avec une faible conductivité reste encore très fragile en captivité. On note une importante mortalité lors de l’importation et de l’acclimatation, et en aquarium elle contracte souvent des mycoses qui l’affaiblissent et finissent par la tuer. Sa reproduction (de type direct) n’a pas encore été réussie en aquarium.